Lexique du serre-joint
Gorge, arc-boutement, rotule, dormant : les fiches produits emploient un vocabulaire précis. Voici chaque terme défini en une ou deux phrases.
Ce lexique regroupe les mots employés sur les fiches produits, dans les catalogues de fabricants et sur ce site. Les termes sont classés par thème : les pièces, les mécanismes, les mesures, puis le vocabulaire du collage.
Les pièces d'un serre-joint
- Rail : la barre d'acier sur laquelle coulisse la mâchoire mobile. Sa section, par exemple 25 × 6 mm ou 35 × 11 mm, détermine sa résistance à la flexion.
- Mâchoire fixe : la mâchoire solidaire du rail, rivetée, sertie ou forgée avec lui. Sur un dormant, elle porte en général la vis ; sur un serre-joint de menuisier en F, la vis est sur la mâchoire mobile.
- Mâchoire mobile : la mâchoire qui coulisse sur le rail et se bloque au contact de la pièce.
- Étrier : le corps en forme de C d'un serre-joint en C, d'une seule pièce, en fonte ou en acier forgé.
- Vis : la tige filetée qui produit le serrage final. Les bons modèles utilisent un filet trapézoïdal, plus résistant à l'usure qu'un filet triangulaire.
- Broche : la tige transversale qui traverse la tête de vis d'un serre-joint de maçon, sur laquelle on tape ou on fait levier.
- Patin : la pièce plate en bout de vis qui appuie sur l'ouvrage. Il peut être nu, en plastique ou recouvert d'un capuchon.
- Rotule : l'articulation entre la vis et le patin, qui permet au patin de rester à plat sur une pièce légèrement inclinée.
- Capuchon : la protection en plastique souple qui se clipse sur un patin ou une mâchoire pour éviter les marques.
- Gâchette : le levier d'un serre-joint rapide qui fait avancer la mâchoire à chaque pression ; une seconde gâchette sert au débrayage.
Les mécanismes
- Arc-boutement : le blocage de la mâchoire mobile par coincement. Sous la charge, elle pivote légèrement et ses arêtes pincent le rail. C'est pourquoi un rail ne doit jamais être huilé.
- Crémaillère : une barre crantée sur laquelle un organe de blocage s'accroche dent par dent.
- Cliquet : le mécanisme qui laisse avancer dans un sens et bloque dans l'autre, utilisé sur les serre-joints à cliquet et à sangle.
- Pompe : le levier qu'on actionne plusieurs fois pour faire avancer la mâchoire mobile, puis serrer. Le serre-joint à pompe combine ainsi approche rapide et force élevée.
- Genouillère : un mécanisme à levier articulé qui se verrouille en passant un point mort. Il équipe les brides de gabarit.
- Débrayage : le déblocage de la mâchoire, par gâchette ou par bascule, pour la faire coulisser librement.
- Mode écarteur : sur certains serre-joints rapides, la mâchoire fixe se retourne pour pousser au lieu de serrer.
Les mesures
- Ouverture ou capacité de serrage : l'écart maximal entre les mâchoires. C'est la longueur annoncée dans la plupart des gammes ; le guide quelle longueur choisir explique comment l'utiliser.
- Gorge ou profondeur de gorge : la distance entre le rail et l'axe de serrage, qui indique jusqu'où le patin atteint à l'intérieur de la pièce. On parle aussi de portée.
- Force de serrage : la pression maximale annoncée, en newtons. Environ 1 000 N correspondent à 100 kg. La page sur la force de serrage explique comment lire ces chiffres.
- Section de rail : largeur et épaisseur du rail en millimètres. Plus elle est haute, moins le rail fléchit.
Les familles de serre-joints
- Serre-joint de menuisier : à rail, à vis, poignée souvent en bois, longueurs 15 à 100 cm.
- Dormant : un serre-joint à rail de grande longueur dont la mâchoire fixe « dort » sur le rail. Le terme vient du vocabulaire de la menuiserie, comme le dormant d'une fenêtre. Voir le serre-joint dormant.
- Serre-joint parallèle : ses larges mâchoires restent à 90° du rail sous charge.
- Presse : un outil de serrage fixe ou à grande surface, pour le placage et les collages en série.
Le vocabulaire du collage
- Cale : la pièce de bois placée entre le patin et l'ouvrage pour répartir la pression et éviter les marques.
- Cale cintrée : une latte légèrement bombée qui presse le centre d'un panneau.
- Alternance : poser les serre-joints un dessus, un dessous, pour que le panneau reste plan.
- Tuile : le défaut d'un panneau qui se cintre en travers, souvent à cause d'un serrage d'un seul côté.
- Cordon de colle : le filet de colle qui sort du joint au serrage, signe que la pression est suffisante.
- Joint affamé : un joint trop serré, dont on a chassé presque toute la colle.
- Temps de presse : la durée pendant laquelle l'assemblage reste sous serrage, indiquée par le fabricant de la colle.
Ces termes reviennent dans le guide comment utiliser un serre-joint, dans les fiches de la rubrique types et dans le comparatif rapide ou de menuisier. Les autres guides sont regroupés dans la rubrique conseils.
Quelle est la différence entre ouverture et gorge ?
L'ouverture mesure l'écart entre les mâchoires, donc l'épaisseur ou la largeur de pièce qu'on peut serrer. La gorge mesure la distance entre le rail et le point de serrage, donc jusqu'où le serre-joint atteint vers l'intérieur de la pièce.
Pourquoi dit-on serre-joint dormant ?
Parce que la mâchoire fixe fait corps avec le rail et ne bouge jamais, comme le dormant d'une porte ou d'une fenêtre, qui est le cadre fixé dans la maçonnerie.
Un serre-joint et une presse, est-ce la même chose ?
Pas tout à fait. Le serre-joint est un outil mobile qui serre en un point ; la presse applique une pression sur une surface plus grande, souvent de façon fixe. Dans les anciens textes de menuiserie, les deux mots se recoupent parfois.